Connaissance et Amélioration
de la Survie des Requins
rejetés par les pêcheries
palangrières pélagiques

Qu’est-ce qu’ASUR ?

Les pêcheries palangrières pélagiques capturent nombre d'individus d’espèces non commerciales, non autorisées à être mises à bord). Le projet ASUR (Amélioration de la Survie des Requins après rejets) a pour objectif d’améliorer les connaissances relatives à l’estimation de la mortalité lors de la capture et après rejet des requins en priorité, ainsi que de développer le dispositif innovant "aLLCut" (autonomous LongLine Cutter) pour la libération rapide des captures accessoires.

Le projet ASUR est porté par l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) au sein de l’UMR MARBEC et financé par le Fonds Européens pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP Mesure 39, Innovation liée à la conservation des ressources biologiques de la mer).

Porteur de projet : Pascal Bach (pascal.bach@ird.fr)                                                                 Cheffe de projet : Yoluène Massey (yoluene.massey@ird.fr)                                                    Collaborateurs: Julien Lebranchu (IRD Marbec), Philippe Sabarros (IRD Marbec), Marc Soria (IRD Marbec), Mariana Tolotti (IRD Marbec) et Luc Markiv (IRD DIC)

la palangre PÉLAGIQUE

palangre

La palangre pélagique est un engin de pêche constitué d’une ligne mère maintenue à la surface de l’eau par des bouées et à laquelle sont régulièrement accrochées des lignes secondaires équipées d’hameçons (qui peuvent être de diverses formes et diverses tailles) à leur extrémité, appelées avançons.

Cette ligne peut mesurer entre 10 et 150 km de long, et porter entre 100 et 3500 hameçons. Cette pêche cible des grands poissons pélagiques qui évoluent entre 50 et 600 m de profondeur. Les cibles principales de cette pêche sont les thons (thon jaune, thon obèse, thon germon, thon rouge) et l’espadon mais des espèces non recherchées, certaines pouvant être protégées, sont capturées accidentellement.

Impacts sur les grands poissons pélagiques et les pêcheurs

Les populations de requins pélagiques sont particulièrement vulnérables à la surpêche en raison de leurs traits de vie (croissance lente, faible fécondité et âge à maturité sexuelle tardif).

Ces espèces pour la grande majorité non ciblées (à l’exception du requin peau-bleue pour certaines pêcheries) peuvent représenter jusqu’à ¼ des captures accessoires de la palangre. Les captures de certaines espèces peuvent être conservées à bord ou obligatoirement rejetées lorsque la réglementation l’impose (comme les requins renard, le requin pointe blanche océanique, les requins marteaux en fonction des régions océaniques et des pays qui ont mis en place un plan international de gestion et conservation pour les requins, IPOA Shark = International Plan of Action for Conservation and Management of Sharks)

Amélioration des connaissances sur la mortalité des requins

Le projet ASUR a pour but d’améliorer les connaissances sur la mortalité des requins au virage (lorsque la ligne est remontée) ainsi que la mortalité après rejet (pour les espèces avec obligation de rejet).

Les données de captures des programmes d’observation des pêches nous permettent de quantifier cette mortalité ainsi que d’en étudier les facteurs. Des marques archives seront posées sur une quarantaine de requins capturés à la palangre et libérés, afin d’étudier la mortalité après rejet et tester l’efficacité du dispositif aLLCut d’augmenter les chances de survie des requins libérés avec l’hameçon mais sans ligne trainante.

Des bonnes pratiques à bord, difficiles à mettre en place

Lorsqu’un requin est remonté vivant à bord ou à proximité du bateau, des bonnes pratiques sont essentielles pour assurer la survie de l’animal après son rejet.

La libération rapide du requin en sectionnant la ligne au plus près de l’hameçon en fait partie. Les gros individus peuvent faire preuve d’une grande résistance lorsque la ligne est ramenée à la surface. Selon la capture, l’hameçon peut être inaccessible et la section peut présenter des dangers pour l’équipage d’une part en raison des risques de morsures et d’autre part la tension sur la ligne peut provoquer sa coupure et accidentellement blesser l’équipage notamment pour les bas de lignes équipés de lest en plomb. La seule solution est alors de libérer l’animal en coupant l’avançon le plus rapidement possible, par conséquent parfois à plusieurs mètres de l’hameçon, laissant repartir l’animal avec plusieurs mètres de ligne trainante qui représente un handicap pour l’animal avec de forts risques de mortalité.

VOIR LE PROJET ALL-CUT :

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